La cuisine de Ryoko

Ryoko Sekiguchi, autrice, poétesse et traductrice réalise ces instantanés culinaires lors de son séjour à Beyrouth du 6 avril au 15 mai 2018.

Son portrait de ville pur jus nous plonge dans un regard sensible et vivant. Elle vit et travaille à Paris.

Numéro 99/321plat

Le goût de l’anis

 

Au café Al Falamanki, je commande un « thé à l’anis ».

On m’apporte une tisane, avec beaucoup de grains d’anis vert.

La douceur de l’anis accompagné d’un peu de sucre dilué dans l’eau chaude convient parfaitement au temps qui s’écoule en fin d’après-midi, le yûgata à la libanaise.

Je me suis familiarisée avec l’anis étoilé à travers la cuisine taïwanaise ; il est donc pour moi associé au goût du Formose.

En revanche, je n’ai jamais été aussi « intime » avec l’anis vert. À Marseille, le pastis a davantage le goût de la réglisse que de l’anis. Ici, je suis toujours imprégnée, d’une manière ou d’une autre, de cette saveur : dans l’arak, dans les gâteaux ou, comme aujourd’hui dans la tisane...

Extrait de 961 heures à Beyrouth de Ryoko Sekiguchi
Éditions Folio, 2021

Ces formes brèves et sensibles, attentives aux paysages du quotidien et aux émotions discrètes, nourrissent aussi l’univers de Rembobines.

L’objet papier, notre Leporello de cuisine a été imaginé dans cet esprit : garder quelques traces simples de mets dégustés, d’un geste, d’un détail ou d’un parfum qui, sans cela, se seraient peut-être effacés.

 

 

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Biographie et cartographie narrative pour écrire les lieux à travers récits, objets et expériences.

Un bon portrait, comme un bon café, tient au dosage, au rythme et au lieu.
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